Wagner-Xenakis, Cité de la Musique, 17.11.2012

(Tristan et Isolde, À Colone, Nomos Gamma, Parsifal)

c’est après l’entracte que ce concert hors normes atteint son apogée. Pris dans la masse sonore aux individualités multiples qu’a voulue Xenakis, quatre-vingt-dix-huit musiciens disséminés dont huit percussions en couronne – cet instrument dont Xenakis sait comme nul autre exalter les beautés sauvages –, nous nous fondons littéralement à la polyphonie de Nomos Gamma. S’oublie la théorie des ensembles, ensembles de modes de jeu, de timbres, de structures aux paramètres organisés par un compositeur féru de mathématiques, s’oublie toute analyse tant la richesse instrumentale, la puissance vitale et la sensualité de cette musique envahissent l’espace et ceux qui l’habitent. Bois, cuivres, bois, cordes et percussions fusionnels par-dessus les têtes et tour à tour privilégiés, pizzicati, glissandi, trémolos, ensembles d’intensité parallèlement impressionnants exaltent une force cosmique irrésistiblement suffocante. Nous voici au cœur du volcan, submergés de sa lave. Grêle d’éclats, pointes de feu, déferlement de timbres, de rythmes, grondement de fin du monde, chaos orgiaque, tourbillon planétaire, engloutissement d’où émerge sur un ultime lab, celui du prélude de Parsifal. Mort et transfiguration. Miracle musical.
(Claude Helleu, Altamusica.com, 19.11.2012)

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